Le transport de l’eau, un enjeu universel à toutes les époques

Depuis la plus haute antiquité, et dans tous les pays, le transport et la distribution d’eau potable ont été et restent des enjeux essentiels pour les humains.

En Lorraine, deux sites emblématiques manifestent l’importance du transport de l’eau à l’époque gallo-romaine. A Grand, dans l’ouest vosgien, on peut visiter une partie de la quinzaine de kilomètres de galeries qui étaient destinées à alimenter en eau un sanctuaire dédié à Apollon Grannus. A Jouy-aux-Arches, entre Pont-à-Mousson et Metz, un aqueduc du IIème siècle enjambe les maisons de la commune ; il permettait d’alimenter Metz en eau potable. Sur l’ensemble du territoire français, on recense 156 aqueducs gallo-romains sur 110 sites.

Galerie souterraine du réseau d’eau du site de Grand
(1er siècle de notre ère)
© Conseil général des Vosges
Aqueduc de Jouy-aux-Arches
(2ème siècle de notre ère)

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Les « eaux communes », de la fontaine au robinet

Les « eaux communes » ont vécu deux périodes très différentes dans leur histoire :

  • Du moyen-âge au 20ème siècle, les sources ou les eaux de ruisseaux sont captées et transportées dans des fontaines et lavoirs. A ces fontaines, les villageois utilisent les eaux communes, successivement, par exemple lors de l’abreuvement des troupeaux, ou ensemble, comme  lors des lessives en lavoirs. Aller chercher de l’eau à la fontaine, au puits ou à la rivière était une tâche quotidienne indispensable et astreignante. Dans les villes, le métier de porteur d’eau a subsisté au-delà du milieu du 19ème siècle.
  • Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, c’est à Paris d’abord, et après 1880, dans les grandes villes qu’apparaissent des fontaines publiques et des robinets dans certains immeubles.

Au cours du 20ème siècle, une vague de mise en réseau va se développer dans tous les villages. Plus des deux-tiers des zones rurales françaises n’ont connu l’eau courante qu’après la deuxième guerre mondiale et c’est vers 1980 que l’adduction d’eau a été vraiment généralisée. Les eaux sont alors distribuées dans des réseaux individuels jusqu’à chaque maison et chaque ferme, dotée de compteurs de mesure de consommation. Ainsi, nous sommes passés d’un usage commun des eaux communes, à un usage individualisé avec pertes et parfois destruction de puits et fontaines : le réseau payant remplaça les fontaines communes.

La distribution d’eau potable relève de la compétence des communes ou de leurs groupements, en vertu de la loi sur l’eau du 3 janvier 1992.

Environ la moitié de ces collectivités territoriales gère directement ce service ; les autres le délèguent par contrat à une société privée. La distribution de l’eau est devenue une véritable industrie.

La distribution d’eau potable en France aujourd’hui

La distribution d’eau potable relève de la compétence des communes ou de leurs groupements, en vertu de la loi sur l’eau du 3 janvier 1992.

Environ la moitié de ces collectivités territoriales gère directement ce service ; les autres le délèguent par contrat à une société privée. La distribution de l’eau est devenue une véritable industrie.

          Source : Conseil général de Seine et Marne

Le réseau français de distribution d’eau est estimé à 850 000 km, soit 1,56 km de réseau par km². Les grandes longueurs de canalisations se retrouvent surtout dans l’Ouest, région rurale d’adduction récente et dans les grandes régions urbanisées. Dans le cas des grandes villes, il faut parfois aller chercher l’eau très loin : une partie de l’eau de Paris provient de sources situées jusqu’à 150 km de la capitale dont l’alimentation en eau nécessite 470 km d’aqueducs et 3 600 km de conduites dans Paris même.

 

        Château d’eau désaffecté à Puzieux

 

Un défi nouveau : réduire les fuites et les pertes

Crédit Photo : © Business Roll Agency

Les réseaux de distribution d’eau potable français présentent des pertes par fuites de 25% en moyenne. Ces pertes peuvent atteindre 40% par endroit. L’objectif pour un réseau bien entretenu est d’atteindre un taux de fuite de 15%. On pourrait ainsi économiser 600 millions de mètres cubes par an ; la diminution des fuites dans les réseaux constitue donc un vrai gisement de ressource en eau.

L’article 27 de la loi Grenelle 1 prévoit le lancement d’actions spécifiques pour généraliser la détection des fuites dans les réseaux et programmer les travaux nécessaires.

De nouvelles techniques permettent aujourd’hui de réduire les pertes :

  • Lors des traditionnelles tournées sur le terrain, les agents qui inspectent le réseau sont munis de capteurs acoustiques qui repèrent les bruits anormaux, signes de fuites.
  • Des modèles de vieillissement des matériaux permettent d’optimiser l’entretien et le renouvellement des canalisations.
  • Des réseaux intelligents, dotés de capteurs qui détectent les anomalies et adaptent la pression d’eau dans les conduites, sont progressivement mis en place.

Une meilleure connaissance du réseau par le distributeur est gage d’efficacité accrue dans la distribution de l’eau.

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