L'eau en partage : La diplomatie de l’eau

L’eau ne s’arrête pas aux frontières. Les rivières puis les fleuves suivent leurs cours sans se soucier des limites administratives définies par l’homme. Ainsi, nombre de cours d’eau sont à cheval sur plusieurs pays. Ce dossier regroupe un ensemble d'interviews, débats, documents réalisés par l'association.

Qu'est-ce qu'un cours d'eau international ?

Selon la convention de 1997 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation, un cours d’eau international est un cours d’eau dont certaines parties sont situées dans des États différents. On parle également de cours d’eau transfrontalier

Il existe deux configurations selon lesquelles un cours d’eau peut être partagé :

cliquez pour agrandir1. Le cours d’eau délimite la frontière entre les États.

C’est le cas par exemple du Rio Grande qui fait en partie la frontière entre les États-Unis et le Mexique. On dit que le cours d'eau est contigu. Dans ce cas, les États perçoivent a priori la gestion de l’eau comme une mission commune.

Cliquez sur les images pour les agrandir

 

2. Le cours d’eau coule à travers un État en premier puis à travers un autre. C’est le cas par exemple de l'Indus ou encore de l’Escaut et de la Meuse qui prennent leur source en France, traversent la Belgique puis terminent leur course aux Pays-Bas. Le cours d'eau est alors successif. Cette configuration amont-aval est a priori plus propice à une compétition pour l’appropriation de la ressource.

Ces deux configurations ne sont bien sûres pas exclusives et de nombreux fleuves, tel que le Rhin, tantôt tracent, tantôt traversent les frontières administratives des États.

Quelques chiffres :

Il existe 276 bassins versants transfrontaliers dans le monde. Les bassins versants transfrontaliers couvrent 45 % des terres émergées de la planète et correspondent à 60 % des eaux douces superficielles. Ils regroupent 40 % de la population mondiale.

Le territoire de 148 États se trouve en partie dans des bassins internationaux, et 21 pays se trouvent entièrement dans de tels bassins. Il s’agit par exemple de la Bolivie, de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda ou encore de la Zambie.

Près de 40 États dépendent pour plus de la moitié de leurs ressources en eau de pays voisins. Il s’agit notamment de l’Égypte et du Turkménistan (97 %), de la Mauritanie (96 %), du Niger (90 %), de la Syrie (80 %), du Pakistan et de l’Ouzbékistan (77 %).

Certains bassins sont partagés par de très nombreux États comme par exemple, le Danube, le Congo, le Niger, le Nil, le Rhin ou le Zambèze répartis sur plus de 9 pays riverains.

Ce partage des eaux génère-t-il des conflits ? En 1995, Ismail Serageldin, alors président de la Banque mondiale, annonçait dans une expression aujourd’hui bien connue que « les prochaines guerres seraient conduites pour l’eau ».

Quatre exemples

Nous vous proposons de découvrir les tensions et coopérations qui jalonnent l’histoire de 4 bassins transfrontaliers : le Nil, le Mékong, le Danube et le bassin Rhin-Meuse.

Cliquez sur les images pour accéder aux dossiers

Entretiens avec des experts

Entretiens réalisés à l'occasion de la Conférence "L'eau en partage" organisée par l'association en novembre 2013

Conférence-débat:L'eau, source de conflits ou ressource partagée?

Débat organisé par l'association en novembre 2010 à Champenoux (54)

Conférence-débat : L'eau un bien commun

Débat organisé par l'association en décembre 2010 à Mirecourt